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Du rêve à la réalité ... Namibie 2021
In Afrique
Au CAP FERRET pendant les Grandes marées
In Europe
Jemaflor
14 mars 2021
La balade se poursuit au bout du Cap Ferret, jusqu'à son extrémité sud appelée sans grande originalité « La Pointe ». Une pointe de plus en plus émoussée, grignotée voire engloutie par l'érosion. La plage de ce secteur a déjà été interdite aux promeneurs et au vacanciers en été. Des projets de protection sont prévus : apport de sable, digues, pieux, plantation d'oyats …. J'avais photographié l'an passé ce pêcheur solitaire au milieu de ce grandiose décor. Et de me demander en fixant cette scène si cet homme était plus concentré sur sa prise de poisson qu'émerveillé par la vue de ce décor naturel avec en fond la célèbre Dune du Pilat ? On peut sans doute être captivé par les deux ! Marcher le long de ce littoral est un plaisir, est-il bien utile d'insister ? On y fait le plein de sensations et les yeux sont sans cesse enthousiasmés par le paysage. Passer le lieu-dit La Pointe vous fait basculer vers la côte océane du Cap Ferret. A marée basse, la perspective sur l'étendue de sable est infinie et se noie dans les brumes de l'horizon. Les blockhaus de la dernière guerre mondiale tendent à disparaître progressivement de ce rivage, attaqués par les vagues lorsqu'elles sont en furie pendant les tempêtes hivernales. L'ensablement de ces vestiges de béton n'est pas un drame, peu à peu, le site retrouvera son état naturel. Finalement il n'y a peut-être que les graffeurs qui pourraient le regretter. Ces surfaces représentent pour eux un bon support pour s'adonner à leur art graphique. Tiens ! Voilà une fresque qui nous rappelle le terrifiant virus … allez, oublions le un instant ! L'air vivifiant a la faculté de stimuler l'imagination … en observant le sable autour de mes pas, j'ai comme l'impression de voir ici la silhouette d'un homard ? dessiné par ces filets d'eau. Plus loin sur la dune côtière, les oyats tournoyants sous l'effet du vent tracent des cercles avec la pointe de leurs tiges … la lumière rasante les met en relief. Voilà une autre source d'imagination : le cercle forme un cadran et les tiges les aiguilles, telles des horloges ... des dunes ! Parmi ces dunes j'ai le souvenir d'une balade tranquille qui en un instant m'avait donné quelques frayeurs. J'avais vu débouler à grande vitesse, ici, sur la droite à seulement une dizaine de mètres de moi, une harde de sangliers. Combien étaient-ils ? Je n'ai pas pris le temps de les compter, 8 ? 10 peut-être? il y avait en tête un véloce et puissant spécimen qui a vu sa course stoppée brutalement contre le grillage. Par chance, la clôture n'a pas cédé ! Je n'ose imaginer la situation si la barrière s'était couchée … j'aurais pu me retrouver face à la harde ! Bon, les sangliers sont tous partis rapidement, en file indienne et en sens inverse, ouf ! Le sentier qui longe les dunes de la Presqu'île est ponctué de panneaux d'informations au sujet de cet environnement, un abécédaire qui évoque la flore dunaire, la faune, les courants, les marées … mais à la lettre « N » on apprend qu'une Nappe de pétrole se trouve dans le sous-sol à quelques 3200 mètres de profondeur ? Il y a bien vers La Pointe, un vieux derrick mais par bonheur pour les amoureux de cette nature, aucune exploitation pétrolière de plus grande échelle n'a été débutée à cet endroit … et c'est heureux ! Une étonnante vision apparaît en bordure de cette portion du sentier des dunes … De quoi s'agit-il ? Car avec un cadrage serré on ne semble voir que du blanc luisant, comme une œuvre du plasticien Christo qui « empaquetait » les monuments … Avec cette autre vue, en plan plus large, on a vite la réponse à l'interrogation. Sous les emballages, ce sont en fait des bateaux de plaisance en attente de navigation. En traversant la colline de sable, retour sur la plage et c'est toujours marée basse. Avec le fort coefficient, les eaux océanes se sont retirées, seules quelques vaguelettes viennent s'échouer sur le sable. L'immense étendue de sable laisse le loisir d'en profiter. Assis en amoureux à contempler l'horizon ou pourquoi pas en fatbike. C'est très en vogue en ce moment, de drôles de bike avec leurs grosses roues passe-partout. Mais pédaler sur du sable, parfois c'est un peu fatiguant, alors certains fatbike ont des moteurs électriques, pas étonnant qu'ils filent ! L'espace ainsi bien dégagé permet de constater l'effet des précédentes pleines mers : les puissants rouleaux ont sapés la dune côtière pendant l'hiver. Les dunes qui offraient une pente douce vers la plage ont pris l'aspect d'un véritable mur. Dans ce secteur particulièrement attaqué, on a l'impression de longer une vraie falaise. Certains vacanciers en profitent pour de drôles de jeux, des sauts dans le sable, le temps d'un selfie. Presque sots ces sauts ! Car cela accentue la fragilité du bord de cette dune … Le temps printanier de ces vacances de février, un généreux soleil et la vue de l'océan donnent des envies de baignades. Mais avec une eau à 12°C, il en faut du courage pour se mettre à l'eau ! La marée monte à présent, les vagues se forment et les surfeurs se lancent mais bien protégés par leur combinaison, c'est indispensable à cette saison. Un dernier coup d’œil sur les vagues océanes de l'Atlantique ... Et l'on pense déjà à la pleine mer du lendemain matin. ------------------------------------ Une nouvelle journée, une nouvelle marée haute avec un coefficient de 105 prévu à 6h59. Que cette pleine mer est bien matinale ! Le lever du jour en ce début mars est un peu plus tardif mais qu'à cela ne tienne ! Il faut aller voir l'océan ... Voir, enfin plutôt apercevoir ou bien deviner. L'aube naissante bénéficie d'un clair de lune qui se reflète sur l'océan. La luminosité est bien juste pour la prise photo, mais je suis là sur la dune face à l'océan et à la pleine mer, il est 7h05. Ce matin le temps est calme, très peu de vent, pas de forte houle et des vagues finalement assez sages … elles auront respecté le cordon dunaire en ne venant pas accentuer l'effondrement du versant dunaire. Tout juste si elles auront frôlé le pied de la falaise de sable. On le constate, l'immense plage a quasiment disparu sous l'eau et l'écume et régulièrement le sable est recouvert d'une onde de marée, toute blanche. Marée haute matinale et marée basse en début d'après-midi prise la veille. Une basse marée qui offre une grand espace à la plage océane. Sur le sentier de la dune .... Peu à peu le jour se lève, le temps est un peu couvert, les nuages masqueront le lever de soleil, je n'aurais donc pas l'occasion de l'immortaliser comme la veille. En point de mire, le phare envoie ces derniers faisceaux de lumières rouge, encore quelques minutes à briller avant l'extinction de sa lanterne … et une autre vue du même sentier sous le soleil, la veille. Je me souviens d'une autre Grande marée, l'an passé avec les déferlantes qui venaient se briser sur un blockhaus … c'était à la plage de l'horizon, la principale de la côte océane du Cap Ferret. Une plage très fréquentée en été, un petit train y amène son flot de touristes. La double photo de ce même point de vue objective le résultat de l'érosion à un an d'intervalle ! La photo de la marée haute qui attaque le blockhaus avait un coefficient de 107. --------------------------------------------------- Un dernier souvenir pour conclure … Le lumineux spectacle d'un coucher de soleil estival sur l'horizon de l'Océan atlantique, certes c'est un peu cliché, mais le spectacle éphémère est si plaisant à contempler … à l'image de celui-ci photographié un soir d'été depuis une dune du charmant Cap Ferret. © Jean Saint-Martin – Cap Ferret – Mars 2021
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